MÉDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE | La diététothérapie chinoise
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x La diététique chinoise « Un excès de saveur acide draine toute l’énergie dans le Foie et la Rate s’affaiblit.
Ainsi s’exprime depuis plus de deux mille ans le Huangdi Neijing, l’ouvrage fondamental de la médecine chinoise. Pour la civilisation du Dao, l’alimentation est en effet une des principales causes des maladies. Une cause qui est appelée « ni externe ni interne » puisqu’elle ne fait pas partie des facteurs pathogènes externes comme le vent, le froid, l’humidité, la chaleur ou la canicule, et qu’elle n’est pas non plus causée par les troubles du cœur émotionnel. Elle se situe donc « au centre », un peu comme la respiration fait, elle aussi, le lien entre l’homme et son environnement. D’ailleurs respirer et manger sont les deux « nourritures », céleste et terrestre, d’un être humain dont la vie dépend toujours entièrement de son milieu.
« Tu es ce que tu manges » voici un précepte qui, même si il n’est pas d’origine chinoise, est tout à fait propre à nous aider à pénétrer dans le mystère de Qihua, la transformation énergétique. Pour la diététique du Dao, l’aliment est en effet une vibration, un Qi, et comme chaque homme est également générateur d’une énergie qui lui est propre, c’est d’une rencontre unique entre un être humain et son aliment que serons fait les lendemains de l’homme. Tout comme ce n’est jamais le même fleuve qui passe sous le pont, le mystère d’une relation particulière fait qu’il y aura toujours quelque chose de nouveau dans l’absorption d’un même aliment et que décortiquer une carotte jusqu’à ses plus simples composés ne nous renseignera jamais sur sa véritable destinée à l’intérieur du corps humain. Les conditions extérieures, l’aliment et les conditions intérieures de l’homme changent à chaque instant. Le végétal qui vient tout juste d’être cueilli et qui a poussé dans les conditions les plus propices n’aura pas évidemment le même Jing (principe vital) que celui qui est resté en chambre froide durant un mois et qui vient d’être cuit au micro-onde. L’homme qui mange sereinement au bord d’un lac aux eaux paisibles n’aura pas la même faculté d’assimilation que celui qui dévore au milieu du bruit et de l’agitation. Tout ceci est évident et ce sont ces principes basiques que la diététique chinoise met toujours en avant. Mais adhérer aux principes de la diététique chinoise, ce n’est pas pour autant « manger chinois », ni même s’attabler dans un de ces multiples restaurants que les asiatiques ont su si bien adapter aux habitudes alimentaires des occidentaux. Non, adopter les principes de la diététique du Dao c’est avant tout avoir conscience que les aliments, au-delà de leur simple apport calorique, sont pourvus d’une énergie beaucoup plus subtile qui les fait « résonner » à l’intérieur de notre corps et influencer notre être dans ses trois dimensions : physique, psychique et spirituelle. Ce n’est pas non plus consommer des plats ou des produits exotiques, mais faire corps et âme avec les productions de son propre sol. Ce n’est enfin certainement pas manger avec des baguettes mais prendre le temps de retrouver le goût naturel des produits cuisinés sainement.
Chaque aliment a en effet une action propre, un destin particulier qui le fait entrer en sympathie avec un Elément et son organe particulier. Ceci est dû tout d’abord à sa Saveur (salée, acide, amère, douce ou piquante) : « Après que les cinq saveurs soient entrées dans l’Estomac, chacune d’elle se dirige vers son organe favori, l’acide au Foie, l’amer au Cœur, le doux à la Rate, le piquant au Poumon et le salé au Rein » Huangdi Neijing.
« La saveur douce convient lorsque le Foie est malade, la saveur piquante est conseillée lorsque le Cœur est malade, la saveur salée est conseillée si la Rate est malade, la saveur acide est conseillée si le Poumon est malade, la saveur amère est conseillée si le Rein est malade. » Traité de diététique et d’hygiène (XIII° siècle)
De même, une assiette bien assortie doit comprendre les cinq Couleurs emblématiques des 5 Eléments : le vert pour nourrir le Foie, le rouge pour dynamiser le Cœur, le jaune pour équilibrer la Rate, le blanc pour stimuler le Poumon et le noir pour renforcer le Rein. Et ont peut aller plus loin dans le jeu des résonances analogiques et envisager encore la texture des aliments et leur dynamisme ainsi que leur mode de cuisson, autant de facteurs que le médecin prendra bien sûr en considération pour effectuer sa prescription.
Livre du Rituel 1121 – 222 av. J.C.
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