Institut Xin'an Formation en qi gon, tuina, waiqi liaofa, taijiquan
imprimer la page imprimer la page

TAIJIQUAN | L'histoire du Taijiquan


x

Petit historique du Taijiquan

-

  Le Taijiquan est né il y a bien longtemps, tellement longtemps que personne ne sait plus dire au juste quand. On dirait qu’il a toujours fait partie de la culture chinoise et qu’il est aussi ancien que le Ciel et la Terre qui sont les références essentielles de l’Empire du Centre.

  Au début de notre ère le médecin Hua Tuo avait composé un travail énergétique, baptisé « Jeux des cinq animaux », qui en est peut-être l’origine. Comme dans le Taiji actuel on y pratiquait en effet des mouvements rappelant ceux du tigre, de l’oiseau, du serpent … Le secret de la santé et de la longévité c’est évidemment la nature qui le détient, c’est donc vers elle qu’il convient de se tourner pour le trouver. Hua Tuo l‘avait bien compris, et de l’observation patiente (mais c’est un pléonasme lorsque l’on parle de l’esprit chinois) des gestuelles animalières il avait saisi l’essence de la vie.

  Bien plus tard le célèbre Yang Chenfu, sera considéré comme le véritable promoteur du Taiji à travers la Chine. C’est lui qui codifiera en 108 mouvements la forme initiale qu’il avait reçue de son grand-père. 108 mouvements, chiffre éminemment « magique » pour les Taoïstes, divisés en trois parties correspondant aux trois grandes puissances structurant l’univers : la Terre, l’Homme et le Ciel. Aujourd’hui ces mêmes mouvements sont dénombrés 88, constituant le Grand Enchaînement du Taiji. Nous étudions ce grand classique en 88 mouvements lors de nos trois années de formation.

  En 1956, et afin de favoriser sa diffusion dans le peuple et pour développer son côté prophylactique, le Grand Enchaînement a été contracté en 24 mouvements majeurs qui constituent ce que l’on nomme le Petit Enchaînement de Pékin. C’est cette forme simplifiée qui l’on voit actuellement partout pratiquée en Chine. C’est elle que nous étudions dans notre première année de formation.

  Mais depuis quelques dizaines d’années de nouvelles formes sont apparues. Parmi elles, celle en 42 mouvements se veut représentative de l’ensemble des styles du Taijiquan, pour cela elle regroupe des techniques appartenant aux écoles Yang, Shen et Wu. C’est la seule forme « officielle » de la République Populaire de Chine. Et c’est ce Taiji, plus dynamique, que nous étudions en deuxième année de formation.

-


  Taiji, un art martial de l'interne

 

  Une des sources retraçant l’historique du Taijiquan, veut que ce soit l’ermite taoïste Zhang Sanfeng, qui aurait vécu au XII° siècle sur le mont Wudang, qui a la vue d’un combat entre un oiseau et un serpent aurait eut l’idée de créer un style d’art martial radicalement nouveau, basé non plus sur la force mais sur l’esquive et la souplesse. La tradition en fait l’ancêtre du courant ésotérique des arts martiaux (Nei jia wu shu). Cette école interne s’oppose donc aux autres courants des Wu shu pour qui le combat, et l’affirmation de soi qu’il présuppose, demeure tout à la fois le but et le chemin.

  Très attirée par la culture de la nature essentielle et le travail sur soi, l’école interne des arts martiaux fait plus référence à la tradition taoïste qu’au bouddhisme ou au confucianisme. Laozi n’a t-il d’ailleurs pas écrit :

« Le bon chef ne déploie pas son armée
Le vrai guerrier est sans colère
C’est conquérir son adversaire
Que d’éviter de l’affronter
C’est faire bon emploie d’un homme
Que de se placer sous lui »

                                                                        Daodejing 68


  Des deux polarités fondamentales, l’élément Yin est-il celui que l’école interne place toujours en exergue. Et un des symboles éternels du Yin et de la vie, c’est l’eau :

« L’homme du bien suprême est comme l’eau
L’eau bénéfique à tous n’est rivale de rien
Elle séjourne aux bas-fonds dédaignée de chacun
De la Voie elle est toute proche »

                                                                       Daodejing 8


«  Rien n’est plus souple et plus faible au monde que l’eau
Mais pour entamer le dur et le fort rien ne la dépasse
Rien ne saurait prendre sa place
Que faiblesse prime force et dureté
Nul ne l’ignore
Mais nul pour le pratiquer »

                                                                        Daodejing 78

-

  Le culte de la vie

 

  Pour l’école interne des arts martiaux, la Vie est non seulement à préserver mais elle est aussi à cultiver. Et cultiver la Vie, c’est tout d’abord désirer retourner à sa source, à son origine :

« Atteints la suprême vacuité
Et maintiens-toi en quiétude
Face à l’agitation fourmillante des choses
Contemple leur retour
Car toutes choses après avoir fleuri
Retourne à sa racine … »


  La première étape dans la voie interne du Taiji, consistera donc à retrouver nos racines, nos fondements. Lors de la première année de la formation on apprend à marcher, c’est la partie Terre du Grand Enchaînement. Apprendre à marcher sur la terre n’est ce pas ce qui, pour le fils de l’homme, est le plus difficile ? Dans le processus de transformation intérieure cette première étape est reliée au Jing du Rein, l’Essence.

« … Retour à la racine a nom quiétude
Quiétude a nom retour à la destinée
Retourner à la destinée c’est l’éternité
Connaître l’éternité c’est s’éveiller … »


  La deuxième marche dans le travail, consiste à prendre conscience de notre véritable stature, celle d’un être debout dans le soleil. Dans l’enchaînement du Taiji, c’est la partie Homme qui l’illustre ; dans l’alchimie interne, c’est la relation au Qi du Poumon, le Souffle.

« … Qui connaît l’éternité
Embrasse et saisit tout
Quiconque connaît et saisit tout sera juste
Etant juste il sera royal
Etant royal il sera céleste … »

  L’ultime palier correspond à la troisième année de pratique, il nous ouvre les portes du Ciel et nous connecte au Shen du Cœur, à l’Esprit du Tao.

« …Etant céleste il fera un avec le Tao
Faisant un avec le Tao il persistera
Et ne périra pas »  
 

                                                                      Daodejing 16


-

  La Chine, la source et la mer




      La Chine demeure la source vive de la créativité du Taiji et un réservoir inépuisable d’inspiration. C’est indiscutable, ici le Qi coule à flot. Votre pratique personnelle s’en trouvera modifiée, vos sensations démultipliées. Pratiquer le Taiji en Chine, c’est éprouver les délices du poisson qui retrouve soudain la mer, sa mère et son origine.

 

 

 Ces trois étapes sont superbement illustrées par Maître Sun qui prend l’eau, tout naturellement, pour support imagé de la pratique…

Taiji, l'art du combat intérieur

Au début, vous êtes comme immergé dans l’eau ;
vos pieds sont lourds et vous éprouvez la résistance de  l’eau.

Puis, c’est comme  si vous nagiez,
vous vous déplacez librement dans l’eau.

Enfin, à un haut niveau, vous êtes très léger ;
vous pouvez marcher à la surface de l’eau,
alors l’art de la boxe interne est achevé.

                                                                              Maître Sun

 

 


                                                     

 
L'homme de bronze du Taiji à Pékin

 



 

 
Retour haut de page